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Retours et point de vue anarchiste sur le mouvement Indignons-nous à Troyes – Partie 1/3

samedi, janvier 17th, 2026

Pendant l’été 2025 sont apparus de nombreux appels à la mobilisation pour la rentrée. D’abord très confus, puis avec une récupération plutôt réussie des forces de gauche, nous avons néanmoins préféré rester observateurices dans un premier temps, les promesses de mobilisation à une date fixée des mois plus tard nous apparaissant comme vouées à l’échec. Nous nous sommes malgré tout laissé-es convaincre, souhaitant profiter de l’élan pour, peut-être, trouver des personnes avec qui partager nos idées et affirmer nos luttes sur le plan local. En parallèle éclatait une crise agricole qui allait contribuer à installer durablement une scission parmi nous. Notre retour d’expérience est donc pour le moins mitigé. Cependant, plusieurs enseignements sont selon nous à tirer de cette expérience et il serait dommage d’effacer ce moment de lutte de nos mémoires et de l’histoire militante locale, déjà bien assez pauvre.

Mouvement disparate, centralisme et dynamiques d’oppression 

Alors que le gouvernement Bayrou s’effondrait dans le grotesque le plus total suivi d’un cirque médiatique et institutionnel encore inédit, un vent de colère semblait s’emparer du pays, notre petite cité ne faisant pas défaut. Un seul mot d’ordre: Macron démission. La manifestation du 10 septembre puis celle du 18 furent des moments galvanisants, suivis d’assemblées générales et tout indiquait que quelque chose d’inhabituel se passait. Un mouvement social s’organisait avec l’ambition de tenir et se dotant d’outils pour cela.  Mais très rapidement apparurent ce qui est constitutif de ces mouvements larges sans lignes claires: de très fortes divergences entre révolutionnaires et réformistes jusqu’aux positions les plus tièdes. Les AG se succédèrent sans donner lieu à la moindre mise en œuvre d’une décision collective, même les plus basiques. Personne ne semblait savoir ce qu’iel souhaitait vraiment après une certes improbable démission de Manu Mac, ajoutant de la confusion à la confusion.
Le seul contre exemple étant la constitution d’un service d’ordre antifasciste organisant la riposte face à la petite bande de fafs venue jouer la provocation et cherchant à intimider un groupe de personnes en sortie de manifestation. Ils furent chassés la seconde fois et ne réapparurent plus. Cette belle riposte spontanée eut lieu devant un collège à l’heure de la sortie. Les élèves d’abord surpris-es et ne comprenant pas trop ce qui était en train de se jouer se servirent néanmoins avec enthousiasme dans les tracts que nous avions préparés. Ne comptons pas trop sur l’éducation nationale pour poursuivre ce travail d’éducation populaire mais réjouissons nous de constater une fois de plus que ce taf peut être facilement fait si nous nous en donnons les moyens.
La vigilance reste cependant de mise, les nazillons étant probablement en train de se préparer à être plus efficaces les prochaines fois. Et n’oublions pas que des manifestant-es, à fortiori des personnes minorisées ou marginalisées, ont pu être identifié-es comme tel-les et ne sont désormais plus en sécurité en ville si tant est qu’elles l’étaient auparavant. À noter quand même la belle contre-manifestation organisée lors de la venue d’Eric Zemmour dans un petit village à proximité de la préfecture. Nous aurions pu espérer que ce service d’ordre au moins se transforme en véritable organisation antifasciste menant un réel travail de fond et de terrain. Ce ne fut pas le cas.
Si nous pouvons accuser le manque d’expérience en organisation collective dans une ville pour laquelle ceci est plutôt marginal et les inévitables difficultés à trouver un terrain d’entente entre révolutionnaires et réformistes, d’autres raisons, plus préoccupantes, peuvent expliquer cet échec.

Dans un premier temps nous aimerions attirer l’attention sur le désintérêt constant du collectif Indignons-nous envers les luttes écologistes à venir dans le département et plus largement envers les campagnes environnantes, à l’exception de la mobilisation antifasciste contre Zemmour. En effet, alors que le mouvement général ET local appelaient à « tout bloquer » la grève des salarié-es de la sucrerie Cristal Union d’Arcis-sur-Aube contre des changements d’horaires fut passablement ignorée alors que celle-ci s’est déroulée au même moment. Alors même que cette usine fut épinglée quasi au même moment pour un scandale lié aux PFAS touchant également de près les betteraviers de la région ce qui aurait pu constituer un précieux moment de convergence. D’autant plus quand comme nous le verrons lors de la crise agricole, plusieurs membres d’Indignons-nous se sont affirmé-es particulièrement préoccupé-es par les enjeux de sécurité alimentaire et de santé publique lorsque les revendications contre la politique d’abattage contre la DNC et contre le Mercosur ont éclaté. Pourquoi donc cette opportunité rare de créer des ponts de solidarité entre citoyen-nes, ouvrier-ères et agriculteurices ne fut pas saisie ?
Nous entendons bien que cela demande une logistique particulière mais des solutions peuvent être trouvées si nous nous en donnons la peine. Des camarades sont véhiculé-es et peuvent proposer un covoiturage voire le prêt de leur voiture. Même chose pour l’éventuel matériel, une mutuelle de matériel et d’outillage peut être mise en place et des ateliers créatifs peuvent être organisés pour la préparation d’affiches, de banderoles ou de tracts. En gardant bien sûr un œil attentif à ne pas reproduire une répartition genrée des tâches, une garderie pour les enfants ou les animaux non humains serait aussi un outil primordial. Plus généralement se pose la question de l’accessibilité aux manifestations, même en centre ville.

L’Aube et les départements limitrophes sont également touchés par plusieurs projets d’élevages intensifs de poulets de chair. Nous parlons de la bagatelle de 80 élevages (oui 80) sur l’Aube, la Marne et l’Yonne ainsi qu’un méga abattoir qui sera alimenté en victimes animales par ces mêmes élevages. Un projet colossal donc, que n’importe qui touché-e par les thématiques susmentionnées ainsi que par le « bien être » animal devrait trouver scandaleux. Et pourtant…
Nous pourrions aussi parler de la mise à grand gabarit du canal de la Seine, entre la Seine-et-Marne et l’Aube dont les conséquences sur la biodiversité locale seraient absolument désastreuses. Ou bien du projet d’usine de transformation des déchets nucléaires Newcleo à Marnay-sur-Seine. Et nous le ferons. Malheureusement pas avec le soutien d’Indignons-nous Troyes qui ne semble décidément que très peu intéressé par la solidarité qui aurait pu être apportée aux collectifs locaux concernés. Précisons que malgré ce constat, nous incriminons le collectif en tant que tel mais certainement pas les personnes qui le composent individuellement. Nous vous donnerons bientôt les informations nécessaires relatives à ces luttes à venir. 

S’il ne s’était agit « que » de ça, peut-être aurait-il encore été possible de construire quelque chose ensemble. Mais le plus grave, ce fut bien les comportements oppressifs répétés et le manque, l’absence totale de remise en question, pas seulement des personnes ayant eu ces comportements, mais aussi d’une large partie du collectif, dont, soulignons le, certain-es militant-es de la France Insoumise. En effet, pendant la quasi totalité de l’existence du collectif, des propos et comportements notamment racistes et classistes avec en fond une fétichisation abjecte des « banlieues » ont été tenus de manières répétés sans que les personnes incriminées ne fassent le moindre effort pour prendre en compte les remarques qui leur furent faites. Pire, elles obtinrent un soutien sous la forme de tone policing et d’accusations en pureté militante afin de silencier les personnes atteintes par ces paroles et comportements, accusées dès lors de créer un « climat de peur. » Il nous semble clair que nous avons affaire là à un cas de DARVO (Deny, Attack and Reverse Victim and Offender). Les rôles sont ainsi inversés et ce sont aux victimes, identifiées alors comme coupables, de se justifier pour s’être défendues face aux multiples agressions qu’elles ont subies. Et quand des critiques sur le concept foireux de pureté militante furent émises, elles furent ignorées, le schéma se répétant ainsi plusieurs fois. Rappelons que tout cela eut lieu alors qu’un travail de fond sur l’antifascisme avait commencé à être réalisé en lien avec le service d’ordre et que le sujet fit les titres nationaux quand les membres d’un club de parachutisme eurent la bonne idée de se déguiser avec blackfaces et costumes du KKK dans l’est du département. Le collectif Indignons-nous Troyes s’exprima d’ailleurs publiquement aux travers de posts bien documentés sur les réseaux sociaux. Ces prises de positions publiques au nom du collectif n’ont pu être faites que grâce à une des personnes marginalisées et victimes. Si ce n’était pas elle qui s’occupait de la comm, rien n’indique que ces prises de position auraient été faites. Il faut croire que l’antiracisme n’est encore pour certain-es qu’une posture morale et non une lutte politique contre tout un système. Facile de s’indigner pour des costumes du KKK, moins d’interroger ses propres biais. Nous pensions être dans un collectif de gauche et non à l’université d’été du PS.

Une de nos membres directement concernée par la situation qui avait pris ses distances avec le collectif souhaitait malgré tout conserver les liens créés avec quelques personnes qu’elle avait revues de façon informelle en dehors. Même dans un contexte affinitaire comme celui-ci, elle fut ghostée lorsqu’elle pointa le racisme et le classisme larvé dont elle fut victime. Effectivement, après que la situation ait éclatée, une discussion ouverte à toustes fut proposée pour qu’une solution soit trouvée. La personne à l’origine de cette initiative et « proche » de notre camarade a finalement choisi de ne consacrer son temps qu’à la personne autrice des violences avec qui elle partage par ailleurs plusieurs privilèges, notamment de race et de classe. La camarade ayant pris la parole pour dénoncer ces violences fut, elle, ignorée.
Ces événements sont récents, et nous gardons le bon soupçon. Les rapports de domination, tout comme les soutiens qui se tissent entre celleux qui en bénéficient, ne sont pas toujours conscients. Nous ne prétendons pas que cette priorisation était délibérée. Mais elle existe, et elle s’inscrit dans des logiques de classes.
Ces mécanismes, lorsqu’ils ne sont pas interrogés, façonnent les comportements. Même si cette personne reconnaît ses biais et revoit son positionnement a posteriori, cela ne change rien au fait qu’elle a, dans l’instant, privilégié ses intérêts et liens de classe malgré les liens affinitaires qui avaient pu être créés lors de ces rencontres informelles en dehors avec notre camarade. Sociologiquement, cette réaction illustre parfaitement les réflexes inconscients des groupes dominants. Elle est d’autant plus révélatrice qu’elle échappe à la conscience de celleux qui la reproduisent et est, de ce fait, bien plus difficile à identifier que des mécanismes comme le tone-policing.
Le clou du spectacle eu lieu lors d’un dernier échange avant notre départ définitif lorsqu’une personne cochant un bon nombre de cases du bingo des privilèges se permit de dire aux personnes s’étant plaintes de comportements oppressifs qu’elles « faisaient chier » assorti d’une affirmation lunaire et surtout excessivement paternaliste sur « l’unité, seule arme des opprimé-es. » Il se paya ensuite le culot de faire reposer la charge mentale de la gestion des comportements oppressifs sur les personnes oppressées en leur demandant avec une fausse naïveté si elles avaient initié des groupes de discussion pour résoudre le problème collectivement, passant sous silence que l’une d’entre elles avait essayé de mettre en place des outils de résolution des conflits depuis le lancement du collectif.
S’il en était encore besoin (et à ce stade c’est tout simplement hallucinant), les personnes ainsi visées ont surtout fait la démonstration de leur union. Mais pas au goût de ces seigneurs encore trop bons pour prodiguer des conseils non sollicités.
Comme à chaque fois ce sont les personnes marginalisées qui ont soulevé le problème et comme à chaque fois, leur parole n’a pas été prise en compte ni a-t-il été admis une seule fois qu’elles avaient raison de le faire par les personnes privilégiées. À l’inverse, la personne visée par ces accusations a été ménagée par le reste du groupe qui n’avait que des espaces de « discussion » où tous les partis se valaient à proposer. Les demandes « d’union » répétées ne sont donc que des invitations à sens unique. On invite systématiquement les personnes marginalisées à s’unir avec les personnes privilégiées mais jamais l’inverse. Nous nous permettrons donc de décliner ces invitations tant que nous n’aurons pas de gage de bonne foi.

Comme nous l’avons déjà succinctement mentionné, la crise agricole se déroulant au même moment achèvera de mettre en lumière les différences profondes entre les membres du collectif mais nous reviendrons d’abord sur nos réflexions sur les modes d’organisation et d’éducation populaire ainsi que sur la potentielle suite au mouvement.

Qui sommes nous?

samedi, janvier 27th, 2024

Nous sommes un collectif autonome, libertaire et antispéciste basé à Troyes et alentours. Notre combat est celui d’un projet révolutionnaire d’écologie sociale, autogestionnaire et de démocratie directe où les moyens de production appartiennent à la communauté et où la production et la distribution des ressources sont réalisées de chacun-e ses moyens à chacun-e ses besoins dans un souci de préservation de l’environnement et de ses habitant-es humain-es et non humain-es. Nous soutenons la diversité des tactiques et privilégions le militantisme de terrain, loin de la politique politicienne et des institutions, pour y parvenir. Ce document exprime les grandes orientations qui nous animent et ne prétend en rien être ici sous sa forme définitive.

Notre lutte est anticapitaliste. Nous ne nous opposons pas seulement aux abus du système qui domine aujourd’hui le monde entier. Nous sommes radicalement opposé-es à ses fondements : l’exploitation du travail humain au profit de minorités dirigeantes et privilégiées, la destruction progressive des ressources naturelles, le développement mondial inégal et l’impérialisme, l’aliénation de l’individu-e, la domination étatique sur la société, l’appareil répressif et judiciaire qui le protège.

Notre lutte est anti-étatiste. L’État est une structure pyramidale où le pouvoir s’exerce du haut vers le bas. Il est par nature oppressif et centralise le pouvoir. Intimement lié au capitalisme, il en gère les grands mécanismes et protège ses intérêts, encadre, corrige, réprime la population et contrôle le système éducatif. L’État repose également sur l’établissement de frontières, le patriotisme et le nationalisme. Il se construit au prix de l’écrasement de spécificités culturelles au profit d’une culture centrale, dominante, appauvrie et s’oppose au droit fondamental de libre circulation des personnes.

Notre lutte est antifasciste. L’antifascisme se résume trop souvent à une simple opposition à l’extrême droite. Or, loin de nous reconnaître dans les prises de position tièdes sur les question de racisme et de nationalisme d’une pseudo gauche dépassée, institutionnelle ou non, nous affirmons un soutien, sinon actif a minima de principe, à toutes les luttes décoloniales et anti-impérialistes motivées par une émancipation démocratique et entendons également combattre toute forme d’autorité ou rapport de subordination illégitime ainsi que toute emprise obscurantiste.

Notre lutte est antipatriarcale. Nous nous opposons au contrôle exercé sur nos corps, en premier lieu celui des femmes et minorités de genre, tout comme nous rejetons les normes imposées par le patriarcat qu’il s’agisse d’identités de genre, d’orientation sexuelle, d’apparence physique, d’essentialisation et de stéréotypes de genre et combattons l’ensemble des discriminations et inégalités qui en découlent.

Notre lutte est intersectionnelle et matérialiste. Reconnaissant que les oppressions subies par les classes sociales déjà dominées peuvent s’entrecroiser, donnant ainsi lieu à de nouvelles formes spécifiques d’oppressions et auxquelles peuvent s’ajouter aussi déterminismes sociaux, handicaps et troubles psy, nous nous donnons pour finalité le respect absolu de l’identité de chacun-e, que toustes puisse trouver une place dans la société, s’y épanouir et disposer de moyens d’existence satisfaisants (accès au logement, aux soins, à l’éducation et aux connaissances…)

Notre lutte est écologiste. Alors que les effets de l’urbanisation outrancière, de nos modes de production mortifères et la recherche systématique de profits se font de plus en plus pressants et brutaux, les promesses de transition écologique et de réformes ne sont que des marques supplémentaires de mépris de la classe dirigeante, bien à l’abri des conséquences désastreuses d’une telle politique. Si notre écologisme est radical, il n’est cependant pas opposé à la technologie par principe ni ne voit en celle-ci une réponse à tous les défis environnementaux actuels et à venir.

Notre lutte est antispéciste. Nous reconnaissons aux animaux non humains leurs capacités à vivre des expériences positives ou négatives (sentience) et estimons que celles-ci sont déterminantes dans la façon de traiter les individu-es. La minimisation de ces expériences négatives devient donc un impératif moral dont la mise en application concrète est le véganisme. Reconnaissant par ailleurs l’impossibilité pour certaines personnes de vivre d’un végétalisme strict, nous nous référons à la définition du véganisme de la Vegan Society qui stipule qu’il s’agit d’un mode de vie excluant l’exploitation animale (pour se nourrir, se vêtir ou tout autre but) dans la mesure du possible et réalisable. Pour autant, le véganisme ne doit pas être considéré comme une finalité et c’est bien par une lutte active contre le système spéciste dans son ensemble et non par un simple boycott que la libération animale pourra devenir réalité. L’action directe (sauvetages, ouvertures de sanctuaires blocages, sabotages…) doit être privilégiée.

Notre lutte n’est pas pacifiste. Nous reconnaissons la pertinence de postures non violentes selon les circonstances mais reconnaissons tout autant la nécessité et la légitimité des classes opprimées à avoir recours à l’établissement d’un rapport de force face à celleux qui les oppressent en premier lieu. Sans appeler à la violence par principe, nous refusons toute attitude dogmatique qui ferait du pacifisme l’unique stratégie valable.

Quelques pistes pour contrer l’isolement et le sentiment d’impuissance

samedi, janvier 27th, 2024

Après plusieurs années à côtoyer divers collectifs dans la région, nous dressons le constat de rangs clairsemés dans notre camps politique. Nous avons parfois du mal à nous structurer durablement et les tentatives de pérennisation d’un mouvement anarchiste ou du moins radical ont échoué ou évolué vers quelque chose où nous nous ne reconnaissons pas pleinement. Pour ne donner que quelques exemples, les comportements autoritaires, virilistes et individualistes y sont monnaie courante tandis que les droits des animaux non humain-es y sont massivement ignorés. L’état des forces antispécistes est lui encore plus alarmant, complètement dépolitisé et laissant place aux pires idées réactionnaires, racistes, transphobes, conspirationnistes…

Pourtant, nous savons que nous ne sommes pas seul-es. Lors de récentes manifestations, l’enthousiasme de certaines personnes envers nos idées et les demandes de stickers en témoignent. Nous ne croyons pas qu’être en nombre soit un prérequis et sommes au contraire convaincu-es qu’un petit groupe affinitaire de personnes déterminées peut atteindre des objectifs à portée locale. Si nous disposons de peu de moyens, cela est à mettre en perspective avec le fait que tout reste encore à faire.

Affichage / désaffichage (et plus généralement reprise de l’espace public face aux capitalistes et leurs pubs, aux fascistes et leurs horreurs, à l’appareil répressif et son système de surveillance généralisé), tractage en manif, veille antifasciste, récup et glanage de nourriture pour des maraudes, journal militant local, organisation de soirées de soutien, de projection de films, d’ateliers de cuisine végane ou de formation (en cybersécurite, en autodéfense juridique, physique, intellectuelle, autour de la culture du care…) sont autant d’objectifs facilement atteignables, demandant peu de ressources, ne comportant pas ou très peu de risque et utiles pour la préparation de projets plus ambitieux.

Faire émerger une véritable force politique qui nous ressemble, à nous, anarchistes ET antispécistes, où chacun-e trouvera sa place, indépendamment de son statut, de ses disponibilités et de ses compétences, est possible.Cet appel s’adresse à toutes les personnes qui se reconnaissent dans nos idées. Que vous vous sentiez isolé-es, socialement ou par sentiment d’impuissance ou que vous vous retrouviez déjà dans les axes de lutte cités précédemment, contactez-nous !