Le vendredi 6 mars avait lieu une réunion publique du Rassemblement National avec Pierre Brochet, candidat à la mairie de Troyes, et Laurent Jacobelli, porte parole du RN, député en Moselle et conseiller régional du Grand Est. Un comité d’accueil antifasciste était aussi présent.
C’est une trentaine de personnes qui se sont rassemblées munies de pancartes et d’une sono pour signifier aux membres du RN et leurs soutiens qu’iels n’étaient pas les bienvenu-es. Comme une provocation de plus, c’est à la maison de quartier des Chartreux que cette réunion eu lieu, un quartier populaire où réside une importante communauté musulmane.
La soirée prit fin tranquillement après quelques slogans, du gros son, quelques tracts distribués et deux keufs pris d’un excès de confiance pour nous demander de stopper le boucan mais rapidement découragés par notre manque de coopération. Cela nous amène à réaliser que nous manquons cruellement de documentation sur les fa les plus chos de la région.
Ce n’est en effet pas la première fois qu’un tel comité d’accueil antifasciste se déroule à Troyes. Il y a bien sûr eu celui contre la venue d’Éric Zemmour en septembre dernier mais Nicolas Bay et Jordan Bardella et Jean Messiha se sont aussi succédés pour répandre leurs effluves nauséabondes ces dernières années et tous furent reçus comme il se doit. Malheureusement, ces mobilisations ne furent rien d’autre que des actes ponctuels et n’aboutirent pas à quelque chose de plus pérenne d’un tant soit peu radical. Nous avions bien essayé à l’époque d’entamer un premier travail de veille antifasciste mais celui-ci fut peu à peu tombé dans l’oubli, faute de personnes pour le tenir à jour.
Nous souhaitons aujourd’hui reprendre ce travail là où nous l’avions laissé et les échéances électorales nous semblent un bon moyen de repartir sur de bonnes bases. Garder un œil sur les listes d’extrême droite prend ici toute son importance car celles-ci constituent un point de départ idéal pour identifier qui sont les personnes impliquées dans les partis et aussi quelles sont leurs ressources. Et ces listes étant publiques, il n’y a plus qu’à aller à la pêche aux infos.
Reste le problème que toutes les listes ne sont pas forcément rattachées à un parti. C’est notamment vrai dans les villages. Mais c’est justement ce travail de veille mené sur le long terme qui permet de déterminer qui se situe à l’extrême droite et où celle-ci s’implante quand les programmes ne sont pas forcément disponibles facilement, quand ils existent. Nous pourrions citer le cas de Jean-Christophe Lefèvre à Lusigny-sur-Barse. Cet ancien conseiller régional pour le RN puis délégué départemental de Reconquête avant de s’en faire virer s’était également illustré avec les gilets jaunes. Ou encore celui d’Antoine Renault-Zielinski à Arcis-sur-Aube que nous connaissions déjà pour son engagement aux côtés des Patriotes de Florian Philippot.
Et nous le savons, il existe tout un maillage entre ces candidat-es soi disant propres sur elleux et les pires nervis fascistes. Dans l’Aube, cela se matérialise par des liens plus ou moins directs et assumés avec l’Action Française ou encore la « Jeune Garde » (oui), groupe d’ultras qui s’affichent au stade, font des tags racistes et ont déjà tenté de provoquer les manifs avant de se faire jeter comme les déchets qu’ils sont.
En conséquence, n’hésitez pas à entrer en contact avec nous si vous souhaitez participer à ce travail certes long et fastidieux, mais qui est d’autant plus utile qu’il est réalisé sur le long terme. Les candidat-es et colistier-ères qui se font afficher par Streetpress ou ailleurs c’est une chose, mais le champs des possibles est bien plus large, et pour cela nous avons besoin de toute l’aide possible.
Photo d’illustration: rassemblement lors de la venue à Troyes de Nicolas Bay le 5 mars 2020