Qui sommes nous?
Nous sommes un collectif autonome, libertaire et antispéciste basé à Troyes et alentours. Notre combat est celui d’un projet révolutionnaire d’écologie sociale, autogestionnaire et de démocratie directe où les moyens de production appartiennent à la communauté et où la production et la distribution des ressources sont réalisées de chacun-e ses moyens à chacun-e ses besoins dans un souci de préservation de l’environnement et de ses habitant-es humain-es et non humain-es. Nous soutenons la diversité des tactiques et privilégions le militantisme de terrain, loin de la politique politicienne et des institutions, pour y parvenir. Ce document exprime les grandes orientations qui nous animent et ne prétend en rien être ici sous sa forme définitive.
Notre lutte est anticapitaliste. Nous ne nous opposons pas seulement aux abus du système qui domine aujourd’hui le monde entier. Nous sommes radicalement opposé-es à ses fondements : l’exploitation du travail humain au profit de minorités dirigeantes et privilégiées, la destruction progressive des ressources naturelles, le développement mondial inégal et l’impérialisme, l’aliénation de l’individu-e, la domination étatique sur la société, l’appareil répressif et judiciaire qui le protège.
Notre lutte est anti-étatiste. L’État est une structure pyramidale où le pouvoir s’exerce du haut vers le bas. Il est par nature oppressif et centralise le pouvoir. Intimement lié au capitalisme, il en gère les grands mécanismes et protège ses intérêts, encadre, corrige, réprime la population et contrôle le système éducatif. L’État repose également sur l’établissement de frontières, le patriotisme et le nationalisme. Il se construit au prix de l’écrasement de spécificités culturelles au profit d’une culture centrale, dominante, appauvrie et s’oppose au droit fondamental de libre circulation des personnes.
Notre lutte est antifasciste. L’antifascisme se résume trop souvent à une simple opposition à l’extrême droite. Or, loin de nous reconnaître dans les prises de position tièdes sur les question de racisme et de nationalisme d’une pseudo gauche dépassée, institutionnelle ou non, nous affirmons un soutien, sinon actif a minima de principe, à toutes les luttes décoloniales et anti-impérialistes motivées par une émancipation démocratique et entendons également combattre toute forme d’autorité ou rapport de subordination illégitime ainsi que toute emprise obscurantiste.
Notre lutte est antipatriarcale. Nous nous opposons au contrôle exercé sur nos corps, en premier lieu celui des femmes et minorités de genre, tout comme nous rejetons les normes imposées par le patriarcat qu’il s’agisse d’identités de genre, d’orientation sexuelle, d’apparence physique, d’essentialisation et de stéréotypes de genre et combattons l’ensemble des discriminations et inégalités qui en découlent.
Notre lutte est intersectionnelle et matérialiste. Reconnaissant que les oppressions subies par les classes sociales déjà dominées peuvent s’entrecroiser, donnant ainsi lieu à de nouvelles formes spécifiques d’oppressions et auxquelles peuvent s’ajouter aussi déterminismes sociaux, handicaps et troubles psy, nous nous donnons pour finalité le respect absolu de l’identité de chacun-e, que toustes puisse trouver une place dans la société, s’y épanouir et disposer de moyens d’existence satisfaisants (accès au logement, aux soins, à l’éducation et aux connaissances…)
Notre lutte est écologiste. Alors que les effets de l’urbanisation outrancière, de nos modes de production mortifères et la recherche systématique de profits se font de plus en plus pressants et brutaux, les promesses de transition écologique et de réformes ne sont que des marques supplémentaires de mépris de la classe dirigeante, bien à l’abri des conséquences désastreuses d’une telle politique. Si notre écologisme est radical, il n’est cependant pas opposé à la technologie par principe ni ne voit en celle-ci une réponse à tous les défis environnementaux actuels et à venir.
Notre lutte est antispéciste. Nous reconnaissons aux animaux non humains leurs capacités à vivre des expériences positives ou négatives (sentience) et estimons que celles-ci sont déterminantes dans la façon de traiter les individu-es. La minimisation de ces expériences négatives devient donc un impératif moral dont la mise en application concrète est le véganisme. Reconnaissant par ailleurs l’impossibilité pour certaines personnes de vivre d’un végétalisme strict, nous nous référons à la définition du véganisme de la Vegan Society qui stipule qu’il s’agit d’un mode de vie excluant l’exploitation animale (pour se nourrir, se vêtir ou tout autre but) dans la mesure du possible et réalisable. Pour autant, le véganisme ne doit pas être considéré comme une finalité et c’est bien par une lutte active contre le système spéciste dans son ensemble et non par un simple boycott que la libération animale pourra devenir réalité. L’action directe (sauvetages, ouvertures de sanctuaires blocages, sabotages…) doit être privilégiée.
Notre lutte n’est pas pacifiste. Nous reconnaissons la pertinence de postures non violentes selon les circonstances mais reconnaissons tout autant la nécessité et la légitimité des classes opprimées à avoir recours à l’établissement d’un rapport de force face à celleux qui les oppressent en premier lieu. Sans appeler à la violence par principe, nous refusons toute attitude dogmatique qui ferait du pacifisme l’unique stratégie valable.